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lundi 10 octobre 2011

LE MANDAÎ.


LE MANDAI 
1
Les choses semblaient se précipitées singulièrement chez les tamouls car le jeudi de cette même semaine mourut la vieille man Albrijeanne. Et bien que le vieux tamoul avait abandonné ses tas de pierres et qu'il avait cessé de monter la garde assis sur son petit banc dans sa véranda, et que Indra avait complètement disparu depuis leur dernière escarmouche, Adrien n'était pas aller à la veillée mortuaire de la vieille femme bien que l'envie lui brûlait d'aller faire un petit tour dans la chambre mortuaire pour voir sa dépouille car il avait encore dans sa tête cette image de vieille femme de la défunte Alexandra sur son lit mortuaire. Il n'était pas aller non plus à son enterrement qui eut lieu au cimetière de sainte-marie. Et il lui semblait que les mouches avaient changées d'âne et que les choses semblaient prendre bonne tournure pour lui, car, le mercredi suivant la mort de man Albrijeanne, il était dans les environs de 2h00 du matin quand il fut réveillé par les bruits des ongles d'une main grattant sur sa porte de sa chambre derrière sa case. Il se leva et alla ouvrir la porte. Il fit un grand bond en arrière, car aussitôt la porte ouverte, il entendit la voix du garçon debout dehors dans la nuit noire, lui chuchoter : " monsieur Hildevert, je m'appelle Sandji, est-ce que je peux entrer vous parlez une minute ?" Adrien hésita un court instant avant qu'il écarta la porte et laisser entrer le garçon. Il avait très bien fait, car dés qu'apparut le visage du garçon dans la lumière de sa lampe, il ouvrit tout grand ses deux yeux gris clair de chat  car c'était précisément le jeune garçon  qui suscitait tout son intérêt et toute son attention. - Tu n'es pas encore couché et tu ne dors pas à cette heure-là de la nuit,Sandji ? - Je ne suis pas couché et je ne dore pas à cette heure-là de la nuit, parce que la nuit me fait peur et que moi aussi j'ai peur de la nuit, monsieur Hildevert. - La nuit te fait peur et tu as peur de la nuit...et qu'est-ce qui te fait peur la nuit et qui t'empêche de dormir, Sandji ? - J'ai peur la nuit et je n'arrive pas à dormir...c'est peut-être à cause de ce maudit cauchemar qui n'arrête pas de hanter mes nuits, monsieur Hildevert. - A cause d'un cauchemar qui n'arrête pas de hanter tes nuits que tu es encore debout à cette heure-là ? - Oui, monsieur Hildevert, c'est à cause de ce maudit cauchemar qui hante mes nuits que je ne peux pas et que je veux pas fermer mes paupières. - Alors comme tu ne peux pas dormir, tu as pensé venir me réveiller pour me dire ce que tu vois dans ton cauchemar qui t'empêche de fermer tes paupières ? - Oh, non, non, monsieur Hildevert, vous vous trompez, monsieur Hildevert, ce n'est pas du tout pour ça que je suis venu vous voir ici à cette heure-là de la nuit, car si je dois vous conter tout ce que je vois et qui me hante dans ce cauchemar, il faut tout d'abord que je demande la permission à ma tante Sandjina, monsieur Hildevert. - Alors si ce n'est pas pour me conter ton cauchemar pourquoi as-tu penser à venir me voir ici à cette heure-là de la nuit, Sandjia ?... Avait dit Adrien au garçon tout en levant un peu la voix. - Il ne faut pas parler si fort, monsieur Hildevert, car mon grand-père qui tout comme moi ne dort pas et qui vient plusieurs fois la nuit dans ma case, pourrait être là dehors et nous entendre, monsieur Hildevert. - Eh, eh, tu viens de dire ma case... et de quelle case s'agit-il, Sandji ? - De ma petite case qui est derrière la grande, monsieur Hildevert.  Adrien marqua son étonnement en roulant des yeux ronds sur le garçon et lui dit, et tu dors tout seul dans ta petite case derrière la grande, Sandji ? - Bien sûr, monsieur Hildevert, que je dors tout seul dans ma petite case derrière la grande puisque ni Samy mon grand frère et ni personne n'a jamais dormi avec moi dans ma petite case depuis ma naissance, monsieur Hildevert. - Et, sais-tu pourquoi tu dors tout seul dans ta petite case derrière la grande depuis ta naissance, Sandji ? - Bien sûr que je sais pourquoi, monsieur Hildevert, puisque Tante Sandjina me l'a dit. - Et c'est pourquoi, Sandji ? - Parce que tout simplement que je suis frappé de la malédiction de mes ancêtres, monsieur Hildevert. - Et comment sais-tu être frappé de la malédiction de tes ancêtres?... - C'est à cause de cette marque indélébile que je porte sur le haut de ma cuisse gauche, monsieur Hildevert. - Et, je peux la voir cette marque indélébile sur le haut de ta cuisse gauche ?... - Non, non, pas cette nuit, monsieur Hildevert, car si je vous le montre, j'ignore ce qui pourrait vous arrivez ou m'arriver à moi de mauvais si je vous la montre, monsieur Hildevert...je vais tout d'abord demander à ma tante Sandjina si je peux vous montrer cette marque de ma malédiction, monsieur Hildevert. - Qui est ta tante Sandjina, Sandji ? Lui demanda Adrien.  - Ma tante Sandjina, c'est cette jeune femme qui vous avait apporté à boire à vous et à mon grand-père dans la véranda l'autre jour, monsieur Hildevert. Maintenant je dois retourner à ma case avant la troisième visite de mon grand-père, monsieur Hildevert. Adrien suivit le garçon dehors dans la nuit noire jusque devant sa petite case derrière la grande car il avait voulu vérifier de suite les dires du garçon. Il resta aussi étonné qu'il pensait que cette jeune Sandjina pouvait cette jeune sous le drap de laquelle le diable y demeure constamment, et il retourna dans sa case se coucher.
2
Trois nuits plus tard, Sandji était revenu dans sa case avec la bénédiction de sa tante Sandjina mais pour lui mon montrer cette mystérieuse marque signe de la malédiction de ses ancêtres sur le haut de sa cuisse gauche et lui conter aussi son cauchemar. C'était un petit cercle d'environ cinq centimètres de circonférence au milieu duquel poussait une petite excroissance de chair blanche incrustée sur le haut de la cuisse gauche de Sandji. C'était ça d'après la coutume des tamouls de l'étoile qui faisait de leur jeune garçon un mandaï leur enfant maudit, qu'il tenait en isolement jusqu'au jour où  devenu complètement fou; il allait se jeter du haut de cette falaise pour en finir définitivement avec sa malédiction. Du moins, c'était la version qu'il avait et pensait de la tradition morbide des tamouls. - Et, ton cauchemar, tu veux bien me le conter, Sandji, maintenant que tu m'as montré le signe de ta malédiction ? - Je veux bien vous le conter cette nuit, monsieur Hildevert, car ma tante Sandjina m'a dit que je pouvais vous le conter sans qu'il nous arrive malheur ni à vous ni à moi. lui avait dit le jeune garçon avant de commencer à lui conter son cauchemar :" Il arrive que je me trouve seul au milieu d'un immense désert de sable blanc quand soudain la terre se met à trembler au loin derrière-moi, mais jamais sous mes pieds. Et lorsque je me détourne pour voir la provenance de tout ce tremblement derrière mon dos, j’entraperçois au loin derrière-moi toute une grande armé de cavaliers et de chevaux également squelettiques les bras tendus en l'air et qui semble lancée à ma poursuite. Curieusement le ciel est toujours d'un noir profond bombardé de gros coups de tonnerre et illuminé par les éclairs par-dessus la grande armée de cavaliers et de chevaux squelettiques, tandis que le soleil brille dans un ciel bleu azuré par-dessus ma tête. Mais à mesure que s'approche la grande armée dans son désordre assourdissant, le ciel petit à petit petit se met à s'obscurcir par les bras et les mains tendus des cavaliers jusqu'à s'obscurcir complètement par-dessus ma tête.  Aussi miraculeusement je me retrouve debout sur le sommet d'une haute falaise sans aucune autre issue que de me jeter dans le vide. Et c'est aussi à cet instant précis que je vois cette très grande main squelettique beaucoup plus grande que toutes les autres sortir du milieu des cavaliers et me pousser violemment dans le vide. Voila, monsieur Hildevert, ce cauchemar qui ne cesse de venir hanter mes nuits et m'empêche de dormir."  Mais à peine le garçon eu terminé de lui conter son cauchemar qu'il s'était enfui  et disparu dehors dans la nuit noire.













vendredi 7 octobre 2011

LE GUERISSEUR TAMOUL.


LE GUÉRISSEUR TAMOUL.
                                                                         CHAPITRE
 1
Adrien prenait beaucoup de précaution et faisait tout ce qu'il pouvait pour éviter de blesser l'ego sur dimensionné de ces tamouls vivants en autarcie au côté de leurs voisins. Et, c'était ainsi qu'il entendait gagner un peu de leur confiance et de pouvoir pénétrer leur intimité. Mais la méfiance et la haine accumulées durant autant d'années contre ces prétendus nègres marron inférieurs aux tamouls ne pouvait diminuer l'ego d'Indra. Car, à la minute même où il découvrit la présence de la pancarte accrochée à l'écorce du poirier que la colère gronda en lui et le poussa à retourner là-haut pour une explication musclée avec Hildevert : " Monsieur, lui dit-il, vous êtes arrivé ici la semaine dernière et vous aviez dit à mon père que vous êtes un tamoul arrivé depuis trois jours seulement de votre île de Haïti, où votre grand-père serait soi-disant grand-prêtre tamoul. Mais je dois vous avouez que je m'inscris en faut dans votre histoire de nègre marron qui se prend et qui se supérieur et plus malin que nous autres tamouls. Et de quel droit et à qui avez-vous demander la permission de clouer votre sale pancarte sur mon arbre ?...D'autre part comment cela soit possible que vous êtes arrivé depuis seulement dix jours sur ma propriété et que vous avez déjà en votre possession une si belle jument, monsieur Hildevert, si c'est là votre vrai prénom." - Monsieur Indra, je ne vous ai pas demandé la permission de mettre ma pancarte sur votre arbre et je comprends tout à fait votre colère, car en tant que tamoul, je pensais bien faire et je vous demande pardon. Mais en ce qui concerne ma jument, je dois vous dires que cette pauvre bête si intelligente et de caractère si doux n'est non pas seulement ma monture, mais aussi ma mère et toute ma famille que j'aie ramenées avec moi de Haïti, voilà tout ce que je peux vous dires, monsieur Indra. Lui avait dit Adrien pour sa gouverne. Et, il continuait à rester discret afin de ne donner aucun indice aux tamouls au sujet de ses intentions réelles comme le fit autrefois ce monsieur Odilon. Par exemple: Pour les observer lorsqu'ils par petits groupes de trois, de quatre...ou individuellement au crépuscule du matin et du soir dans le ruisseau, il évitait d'aller s'accouder à la fenêtre de la cuisine de sa case pour les mâter comme le faisait autrefois le défunt monsieur Kébwa pour les provoquer.  Mais, il allait se cacher derrière l'écorce d'un énorme arbre à pain qui penchait au-dessus du ruisseau. Et, en les observant, il avait fini par remarquer que ni le vieux tamoul ni Indra et ni la vingtaine de femmes de tout âge qui descendaient par petit groupe se laver dans le ruisseau n'ôtait jamais leurs vêtements. Et, ce qui avait particulièrement attiré son attention était le rituel de ces deux jeunes garçons tamouls qui devaient avoir 12 et 15 ans. Ils descendaient séparément et chacun son tour et se croisaient sans jamais se parler ni même se jeter un seul regard. Celui qui semblait être le plus âgé des deux descendait toujours le premier et à 5h30, tandis que le second qui lui semblait plus jeune descendait lui à 6h00 quand le premier remontait du ruisseau. Et, dés que ce garçon entrait dans le bassin du ruisseau retenu par quelques gros rochers et quelques bambous placés en travers et en aval afin de retenir l'eau du bassin, sa première action était de plonger le  bras dans l'eau pour prendre une pierre près de l'un des trois rochers. Et, aussitôt il s'activait à frotter le haut de sa cuisse gauche avec la pierre sans jamais ôter ni relever la jambe de son short. Et à chaque fois qu'il observait le garçon, l'idée de man Prisca lui revenait à l'esprit. Et une fois qu'il avait assez longuement frotté le haut de sa cuisse gauche, le garçon se savonnait tout le corps et faisait mousser le savon avant de s'immerger complètement dans l'eau pour se rincer et ensuite il abandonnait le ruisseau. Si le garçon plus âgé ne lui semblait d'aucun intérêt, par contre il avait focalisé son intérêt et son attention sur le second qu'il pensait être le Mandai, l'enfant maudit des tamoul. Et il était à présent convaincu des informations de man Prisca au sujet de ces tamouls et sur lesquelles il gardait de nombreux et sérieux doutes qui lui parvenaient dans toutes leurs véridicités. Il était présent aussi convaincu que man Prisca ne lui avait pas menti. Qu'elle n'était pas non plus une complice visible de Zapateck pour connaître aussi bien et dans ses moindres détails l'histoire de ces tamouls de l’Étoile. Depuis, en observant matin et soir la baignade du jeune tamoule, l'envie lui brûlait de prendre son morceau de savon et sa serviette de toilette et se précipité dans le ruisseau prendre son bain au côté du jeune tamoul. Mais à chaque fois il avait su contenir les risques que sa curiosité pouvait lui faire prendre s'il venait à accentuer le doute des tamouls qui avec certitude n'y croyaient pas du tout à ses mensonges au sujet de sa vraie identité. Environ un mois plus tard après qu'il se soit installé à l’Étoile au côté de ses ennemis tamouls, il n'avait encore rien tenté qui puisse compromettre la bonne intelligence dans laquelle il vivait au côté de ses voisins tamouls. Et comme il connaissait parfaitement le sale caractère et la haine de Indrad'Indra. Et comme beaucoup de gens se sentant posséder par le diable n'arrêtaient pas d'affluer en grand nombre dans sa case, il avait fabriqué une nouvelle pancarte sur laquelle il avait écrit:  

"FERME DU DIMANCHE SOIR 18H00
AU MERCREDI MATIN 06H00." 




Il avait fixé cette nouvelle pancarte sous l'ancienne sur le tronc du poirier car il tenait à garder ces deux jours pour battre la campagne à chercher toute sorte de feuillage et de racine pour ses onguents et ses tisanes qu'il donnait à ses patients. Souvent il rentrait assez tard dans la nuit car après avoir passé la journée entière à la recherche des plantes médicinales, il faisait un détour à Ladorcey où il dînait avec son vieil oncle Julius aussi muet qu'une tombe et son cousin Antonin. La journée du mardi était réservée au triage des racines et des feuilles et à la fabrication de ses onguents et tisanes. Et ce mardi-là précisément il était assis dans sa véranda et occupé au triage de ses feuillages et de racines, et il était dans les environs de 16h30 quand il fut interpeller par le vieux tamoul debout dans l'ombre de ses manguiers. Il fut très surpris car c'était la première fois depuis plus d'un mois qu'il le voyait quitter son petit banc et l'ombre de sa véranda et qui plus est sans aucune pierre dans les mains. Il était venu l'inviter à venir boire un petit punch avec lui dans sa véranda. - Comment Indra va-t-il prendre votre invitation, monsieur Aldéphonce ? Lui dit-il. - Monsieur Hildevert, je suis encore debout solidement et encore bien vivant sur mes deux vieilles jambes, car Zapateck n'est pas encore venu me dire le sort je le sais, il me réserve au fond de cette falaise. Lui avait dit le vieux tamoul avant qu'il s'en retourna dans sa véranda à l'attendre. Cette révélation soudaine du vieux tamoul fit glacer le sang d'Adrien. Une autre grande surprise l'attendait lorsqu'il alla rejoindre le vieux tamoul dans sa véranda pour boire le punch. Car ce n'était pas la vieille Albrijeanne qui était sortie de la cuisine avec le grand plateau dans les mains, mais jeune tamoule qui devait être âgée d'au moins vingt-deux ans. Non seulement la jeune tamoule était très belle, mais son dos était entièrement recouvert de son abondant et long cheveux noir ondulé qui s'arrêtait jusqu'au bas de ses fesses. Le vieux tamoul ne lui avait pas présenté la jeune tamoule comme il l'avait fait avec sa femme Albrijeanne le dimanche matin de leur première rencontre. Mais tandis qu'ils étaient assis-là depuis un long et moment à siroter leur petit punch, que le vieux tamoul interrompit le silence par un, hum! - "Monsieur Hildevert, hum,hum, vous ne pourrez jamais, monsieur Hildevert, hum, vous imaginez le degré de méchanceté et tout ce que nous avons eu et que nous souffrons par ces nègres marron ici à l’Étoile. Qu'ils tombent malade, c'est la faute à ce vieux tamoul. Qu'ils aient un accident et se cassent un bras ou une jambes, c'est aussi la faute au vieux tamoul. Enfin, tout ce qui peuvent les arriver de mauvais est la faute au tjembwa sort du vieux tamoul de l’Étoile." Le vieux tamoul arrosa sa gorge d'une gorgée de son petit punch et racla le fond de sa gorge, hum, hum, à présent monsieur Hildevert, je vais vous conter cette petite histoire et vous comprendrez à quel point ces nègres marron me méprise sans aucun ménagement: " Il y a, hum, un peu plus de vingt-deux ans de cela, vivait dans une case qui était située à environ cent cinquante mètres en contrebas de la votre et proche de la ravine, une jeune femme prénommée Alexia. Bien qu'elle fut très belle, elle vivait toute seule et sans vrai mari et sans enfant dans sa case. Et il arriva qu'un dimanche après-midi de fête à Sainte-Marie, Alexia était revenue à sa case accompagnée d'un certain Kalambin. Et, ce nègre marron de Kalambin qui avait la peau aussi noire que le trou du cul du diable et qui avait la réputation d'ouvrir à la vitesse d'un éclair, le ventre de ses adversaires avec son rasoir... enfin bref. Cela dit, ces deux-là avaient passés les restant de ce dimanche après-midi à koké faire l'amour dans sa case. Quoi qu'il en soit, la belle Alexia que toutes les femmes disaient bwaren stérile s'était retrouvé en situation enceinte après son après-midi de sexe avec ce Kalambin. Et neuf mois plus tard elle mit au monde un petit garçon difforme. Car l'enfant avait toute petite tête et ressemblait à une tortue. La ressemblance avec l'animal était si frappante que tout le monde et man Méanice l'accoucheuse qui était montée ici sur le dos de Petite Matin sa vieille mule pour l'accoucher lui avait affublé de ce surnom de Ti-Tette. Et lorsque une quinzaine d'années plus tard, Edmond, comme Alexia sa mère l'avait prénommé était descendu à l'anse du fou avec des petits camarades qui n'avaient aucune honte de s'afficher avec lui et que la tortue se noya ce jour-là, toute la communauté des nègres marron colla cette noyade sur le dos du tjebwa du vieux tamoul de l’Étoile. Eh, ce n'est pas tout, monsieur Hildevert, dit-il avant de s'arrêter pour boire une nouvelle gorgée dans son verre de petit punch. Hum, car pis encore, monsieur Hildevert, car cette fameuse histoire ne s'arrête pas là. Alors que croyez-vous, monsieur Hildevert, que cette marronne avait inventé comme histoire pour excuser son ventre de lui avoir fabriqué et lui donné son petit monstre?... Vous ne le devinerez jamais, monsieur Hildevert, mais moi, je vais vous conter ce que cette négresse contait à toute ces femmes qui se moquaient d'elle et de son fils. Eh bien, cette marronne leurs conta : " Qu'une nuit de pleine lune et de grosse chaleur qu'elle n'arrivait pas à dormir dans son lit, elle s'était levée, elle avait pris un drap et elle était aller s'allonger dans sa véranda. Et comme elle avait encore trop chaud dans sa véranda, l'idée lui était venue de prendre son drap et de monter là-haut s'installer sous les branches d'un poirier et profiter du vent de l'alizé. Mais, à peine avait-elle étendu son drap entre deux grosses racines au-dessus du sol du poirier que l'une de ses branches s'illumina d'une grosse lumière blanche par-dessus sa tête et à l'intérieur de cette grosse lumière blanche, elle avait vu apparaître le visage du vieux tamoul et, que depuis cette nuit-là elle n'avait pas revu ses règles." Voila comment, monsieur Hildevert, cette négresse marronne m'avait affublé de la paternité de son petit monstre. Et comment pouvez-vous ne pas avoir de la haine vis-à-vis de ces nègres marron, monsieur Hildevert ? Je vous souhaite de passer une bonne nuit, monsieur Hildevert, lui avait dit le vieux tamoul. Adrien retourna à sa case, avec l'intime conviction que les choses commençaient à bouger dans la tête des tamouls. Et il était convaincu que sa tactique du silence et ne rien faire pour contrarier leur susceptibilité était la meilleure qui soit. Et environ une demi heure plus tard, il était à finir de ranger ses feuillages et ses racines dans la cuisine, quand il entendit un chien aboyé derrière son dos et le fit sursauter. Car outre qu'il était à rassembler ses feuillages et ses racines il pensait à la jeune tamoule et les paroles que lui avait dîtes man Prisca avant son départ de Ladorcey : " Chez les tamouls de l’Étoile, il n'y a point que sous le drap que le diable se cache et y demeure." Il se retourna, mais contrairement à se qu'il pensait c'était le fameux Nuito le Somnambule qui était debout à aboyer tel chien derrière son dos. Et tandis qu'il terminait de ramasser ses feuillages et ses racines que le fameux  Nuito se mit à lui aboyer  ses malheurs : " Monsieur Hildevert, je ne peux pas vous décrire toutes mes souffrances que je dois endurer après que ce chien que ce scélérat de tjebwazeur a mis dans mon ventre, et surtout lorsque ce chien a fini de faire ses besoins et qu'il se met à gratter avec ses pattes de derrière dans mon boyau pour recouvrir sa merde ce qui m'oblige à aboyer tellement que j'aie mal dans mon ventre, monsieur Hildevert." lui avait dit ce fameux Nuito son regard tourné dans la direction de la grande case des tamouls. Et comme il était déjà 20h00, Adrien donna une poignée de feuillage à Nuito et lui dit de faire une tisane et revenir le voir le lendemain matin. Et, après le départ de Nuito qui continuait à aboyer tout en dégringolant la trace, Adrien fut pris de fou rire et n'arrêtait pas d'aller et venir d'un coin à l'autre de sa véranda. Il ne savait même pas comment et pourquoi ce fou rire lui était venu et il s'était rappeler de ce même fou rire qui l'avait pris le jour qu'il avait vu arriver dans sa salle d'attente ce cher monsieur Julien qui était venu le voir et lui expliquait en langage du dindon qu'il était, comment sa fiancée, sa chère et tendre Sidonie, l'avait plaqué la veille de leur mariage pour épouser plus tard ce malade mental de Théodile. Et il ne pouvait plus s'arrêter de rire durant un bon quart d'heure.

 
 

jeudi 6 octobre 2011

HILDEVERT.


HILDEVERT
Chapitre
1
Comme Adrien ne voulut pas subir trop longtemps la mauvaise humeur et la mauvaise foi d'Indra, le jeune tamoul, il se leva, quitta la chaise sur laquelle il était assis dans la véranda des tamouls, et il s'en alla en direction de la petite case du défunt monsieur Kébwa de l'autre côté de la trace. Et tout en s'en allant il sentait franchement le regard haineux d'Indra pointé comme le canon d'un fusil dans son dos. Il souriait presque car il savait qu'il venait de réussir son coup d'entrée et s'établir comme voisin de ces farouches et dangereux tamouls de l’Étoile. Mais, seulement quelque chose assez inattendue n'était pas passée inaperçue dans son regard gris clair de chat. Il avait remarqué qu'Indra n'avait pas et pas du tout le physique d'un vrai tamoul : Environ un mètre quatre-vingt-dix, visage rond cuivré, des petits yeux noirs un peu écartés, le coin des lèvres marquées par un rictus qui semblait le rendre presque sympathique. Il traversa la trace et continua de marcher sans détourné la tête et s'arrêta au point de naissance d'un petit sentier au bord de la trace. Et ce petit sentier lui semblait cheminé à travers la broussaille et s'arrêter au nord de la véranda de la petite case. Il emprunta le petit sentier pas trop large et traversa la broussaille et s'arrêta devant la véranda de la petite case. Ensuite, il s'approcha de la porte d'entrée. Effectivement la assez rouillée était restée dans la serrure comme le lui avait dit Indra, le jeune tamoul pas très commode. 
 Mais, il ne toucha pas à la clef. Il cassa un petit bout de bois mort et assez solide dans la branche morte d'un citronnier proche de la véranda et s'en servit comme un petit levier pour faire tourner la clef qui à sa grande surprise fonctionnait assez bien dans la serrure rouillée après toutes ces longues années. Il utilisa le même petit bout de bois pour pousser la porte qui aussitôt s'ouvrit devant-lui en crissant sur ses gonds rouillés. Il entra et fit quelques pas sur le plancher poussiéreux mais intact à l'intérieur de la petite case. Il y alla d'étonnement en étonnement, car dans les trois petites pièces de la case tous les beaux meubles, tous en bois de mahoganys vernis étaient encore rutilant et en parfait état sous l'épaisse couche de poussière qui les recouvrant depuis toutes ces années passées. Il visita soigneusement le petit salon et la petite chambre à coucher et il alla dans la petite cuisine pour ouvrir la fenêtre où le défunt monsieur Kébwa allait s'accouder, selon les dires de monsieur Léopold, pour mâter les tamoules qui descendaient au crépuscule du matin et du soir se laver dans le ruisseau tout en bas. Il visita et ouvrit toutes les portes et les fenêtres et absolument rien ne lui semblait être toucher ni déplacer à l'intérieure de la petite case restée fermée durant toutes ces longues années. Ensuite, il alla chercher Mama Doc qui était à brouter l'herbe tendre autour de l'un des trois tas de pierres dans lesquels  le vieux tamoul piochait les projectiles pour bombarder et chasser le nègre marron qui avait le malheur de s'arrêter sous les branches de ses manguiers afin de reposer ces jambes fatiguées et retrouver son souffle après avoir grimpé cette partie raide du morne. "Alors, elle vous convient, cette case, monsieur Hildevert ?..." lui avait dit le vieux tamoul qui s'était approcher de la trace pour le surveiller. - Elle me convient au-delà même de mes espérances, monsieur Aldéphonce. - Et, vous me voyez très content pour vous, monsieur Hildevert, car vous venez d'arriver depuis trois jours seulement de votre Île de Haïti et vous voila déjà loger pour le restant de vos jours! Adrien passa devant le vieux tamoul debout les bras armés de pierres,il attrapa la bride de Mama Doc et la traîna derrière-lui jusque devant la monticule de broussaille. Il enroula la bride autour de poteau de la véranda et ensuite il débarrassa la jument du fardeau de la petite valise en osier accrochée en croupe à la selle. Et, pendant qu'il était occupé à défaire les nœuds du bout de ficelle qui maintenait la petite valise en osier à la selle sur le dos de Mama Doc, une violent dispute éclata entre un vieil homme qui montait dans la trace et le vieux tamoul à propos d'un projectile qui à l'entendre le vieux tamoul lui aurait lancer: " Eh,pourquoi restes-tu toujours à l'intérieur de ta propriété ?...Eh, pourquoi ne viens-tu pas jusqu'ici pour me lancer tes pierres, hein! Adéphonce, hein!...Et je t'ai déjà dit et mille fois répétés que cette trace appartient à tout le monde et les branches de tes manguiers aussi qui dépassent les limites de ta propriété! Est-ce trop difficile à entendre et à comprendre pour toi, espèce de sale vieux  coolie mangeur de chien!" A l'énoncer de ces propos insultants à son encontre le vieux tamoul lança l'autre pierre qu'il avait gardé dans la main sur le vieil dans la trace. Mais le vieil qui avait eu le temps d'esquiver le projectile, plia les reins et s'empressa d'arracher une grosse pierre dans la trace et la projeta avec toute la violence de son vieux bras à la figure du vieux tamoul qui aussitôt tomba à la renverse sur son tas de pierres. Et l'homme en costume cravate reprit aussi prestement son ascension dans la trace. La minute était à peine égrenée que Adrien ouvrit tout grand ses deux yeux gris clair de chat, tellement qu'il fut surpris devant le défilé de toutes ces femmes tamoules jeunes, vieilles et la vieille Albrijeanne en tête sortant de la grande case et voler au secours du vieux tamoul  le visage ensanglanté  planté dans son tas de pierres. Et comme elles s'étaient empressées de relever le vieux tamoul inanimé et le porter vite à l'intérieur, il n'eut même pas le temps de compter leur nombre ni de voir si elles étaient toutes aussi belles comme à l'époque du défunt monsieur Kébwa. Il avait continué de défaire les nœuds de la ficelle de la petite valise en osier et débarrasser Mama Dock de ce fardeau.
2
Adrien n'était pas du genre à se bercer de triomphalisme, car il savait que pour mener à bien sa mission et remplir sa promesse à la défunte Alexandra, il fallait aussi qu'il resta humble vis-à-vis de ces méfiants et dangereux tamoul qui, savait-il qu'à la moindre erreur commise ne lui serait d'aucune pitié. Aussi il était sur le point de se précipité pour porter secours au vieux tamoul le nez planté dans son tas de pierres, mais aussitôt Indra était venu se planter devant-lui sous les branches des manguiers pour lui barrer l'entrée et lui signifier qu'il était déjà venu dans leur véranda et qu'il n'irait pas plus loin. Et voyant le foutu caractère du jeune tamoul et pour éviter de rentrer d’emblée en conflit ouvert avec lui, il s'en retourna chercher Mama Doc, grimpa en selle et la poussa au petit trot dans la trace en direction de Ladorcey chercher son hamac qu'il avait laissé dans l'une de ses autres valises; car voyant toute la haine qui bouillait en lui vis-à-vis de ses voisins, qu'il n'était pas près à se laisser piégé par un quelconque mystérieux poison qu'il aurait dissimulé dans la case du défunt monsieur Kébwa. Il n'était pas allé voir son vieil oncle Julius et son cousin Antonin, mais il était revenu aussitôt à l’Étoile où le vieux tamoul avait déjà regagné son poste de garde sur son petit banc dans sa véranda. Aussitôt il installa son hamac dans sa véranda et s'y installa pour dormir.
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Le lendemain matin, Adrien s'était levé de bon matin. Il avait grimpé sur le dos de Mama Doc et il l'avait poussé jusqu'au bourg faire quelques achats à la boutique bar de man Lérandy. Il prit ses achats et il s'en retourna grimper sur le dos de Mama Doc qu'il avait laissé près de la plage, et il rentra aussitôt à l’Étoile se faire couler du café noir. Il mangea un quignon de pain avec son café fort dans sa véranda au soleil levant et le souffle de l'alizé, et dés qu'il eu fini son petit déjeuner, il arma son bras de la faucille qu'il venait d'acheter chez man Lérandy et il se mit aussitôt à débroussailler le devant de la case. Il y avait bien derrière la porte de la cuisine un coutelas et une faucille rouillés qui avaient certainement appartenu au défunt monsieur Kébwa, mais il n'était pas question pour Adrien de poser la main sur une des manches de peur de contracter une quelconque maladie des tamouls. Il avait travaillé sans relâche toute la journée et avant le coucher du soleil tout le devant de la petite case était dégagé de toute la broussaille qu'il avait mis en tas et près à brûler. Mais seulement, ce ne fut pas chose aisée car ne seulement qu'il fut à sa besogne, mais des éléments extérieurs venaient parfois le déranger. Car certains voisins exacerbés par l'attitude originelle des tamouls étaient venus-là pour se moquer et se gausser de lui : " C'est vous le nouveau propriétaire de cette case que ces maudits tamouls ne tarderont pas à envoyer mourir dans la cuisine de Zapateck dans les flots de la mer où sa table est constamment dressée dans l'attente de sa prochaine victime!" Et les railleries et les quolibets de ses voisins lui provenaient de tous côtés : " Eh,eh,eh, monsieur, savez-vous que cette case que vous êtes en train de dégager de ses broussaille est le deuxième cimetière de ces maudits tamouls? " lui lançait certaine voix quand d'autres lui disaient : " D' où sortez-vous monsieur pour avoir choisi de venir mourir ici dans cet endroit maudit où les chats abois, les chiens miaules...et tous ceux avant vous, monsieur, qui sont venu habiter dans cet endroit où les coqs gloussent autour des poussins et les poules chantent cocorico par les plumes de la queue sont tous allé un jour sur le sommet de la falaise maudite de ces tamouls pour s'y jeter dans le vide et ne sont jamais revenus nous dire comment ce déroule le banquet macabre de Zapateck dans les flots de la mer au fond de leur maudite falaise!" Et, malgré toutes ces moqueries qui lui tombaient dessus, le vendredi après-midi, il avait dégagé complètement la case et brûlé toute la broussaille. Et comme à présent la case était complètement dégagée et respirait l'air pur et les en brins de la mer que lui portait l'alizé il pouvait à présent consacré son temps à autre chose. Et le lendemain matin samedi, il s'était encore levé de bon matin de sa hamac comme il en avait pris l'habitude. Il avait fait couler son café fort. Il avait pris son petit déjeuner. Ensuite il avait pris son morceau de savon et sa serviette autour du cou, il était descendu bien avant les bandes de tamouls prendre son bain dans le ruisseau. Il était remonté à sa case ranger son morceau de savon et mettre sa serviette de toilette à sécher sur le fil dans sa véranda. Ensuite il alla prendre un bout de planche qu'il n'avait pas brûlé et il était aller s'installer sur la petite table dans la véranda commencer son ouvrage.  Et, tandis qu'il était-là à façonner son ouvrage depuis environ une dizaine de minute, qu'il entendit la voix d'une femme l'interpellée dans la trace derrière son dos dans la trace: " Monsieur, monsieur." chuchotait la voix qui le fit sursauter et trembler d'effroi, car il crut aussitôt à la résurrection de man Prisca réincarnée après sa disparition dans la trace à Ladorcey. Mais le vieux tamoul qui de sa véranda avait vu le petit manège, s'était précipité tout en hurlant sa haine raciste et près à bombarder la vieille femme d'une volée de pierres : "Espèce de sale guenon marronne, tu n'as rien à faire ici, Mirette, et tu fiches le camp d'ici avant que tu ne reçoives mes pierres sur ta sale peau noire de négresse marronne, Mirette!"  - Aldéphonce, tu n'es qu'un sale coolie mangeur de chien, Aldéphonce. lui avait répliqué la vieille man Mirette, qui s'en alla les bras en l'air et ses pas claudicantes de droite à gauche telle
une vieille guenon dans la trace. Adrien avait continué son ouvrage sans se retourner ni même lever les yeux en direction des deux éternelles antagonistes. Et quand il eut fini de poncer son ouvrage, il écrit dessus en grosses lettres blanches " GUÉRISSEUR TAMOUL" et une fois la peinture séchée, il prit son ouvrage sous le bras, son marteau et des clous dans les mains et il descendit le clouer sur l'écorce du premier haut poirier tout en bas à la naissance de la trace au bord de la grand route.




 

mercredi 5 octobre 2011

LA RENCONTRE.


LA RENCONTRE
Chapitre
1
Il dîna avec son vieil oncle Julius et son cousin Antonin et redescendit aussitôt à sa case pour dormir. Et comme il voulait créer la surprise et causer un choc aux tamouls; il attendit patiemment jusqu'au dimanche matin suivant pour seller Ma ma Dock et accrocher solidement sa petite valise en osier en croupe à la selle. Ensuite il ferma hermétiquement sa case et il alla grimper sur le dos de Ma ma Dock et la poussa en direction de l'étoile chez les tamouls. Il était 9h00 et la grande case était éveiller et en pleine ébullition de toilette et de senteur de bon café noir. Il tira sur la bride de Ma ma Dock et la stoppa sous les branches des manguiers à l'entrée de la grande cours des tamouls. Et, comme c'était dimanche et qu'à cette heure-là le vieux tamoul était déjà assis en service de garde sur son petit banc dans sa véranda; que voyant le cavalier et sa monture plantés dans son entrée, qu'il prit aussitôt les pierres de chaque côté de ses cuisses sur le petit banc et il fonça sur eux le bras armé par-dessus son épaule afin de les bombarder de ses pierres et les chasser de dessous des branches de ses manguiers strictement interdit aux nègres marron. Les mâchoires aussi serrées qu'un étaux, les yeux rougis par toute la haine qui animait sa soudaine grosse colère contre tous ces nègres marron. Et il était sur le point de lancer sa première pierre sur le cavalier, quand un bonjour, monsieur, en langage dravidien arrêta aussi net l'élan de son bras armé. Ainsi, d'un coup, d'un seul, il brisa l'élan et toute l'ardeur du vieux tamoul qui resta bouche bée d'étonnement ses deux petits nus plantés dans la poussière. Et, il fut à moins un de battre en retraite tellement qu'il fut surpris d'entendre ce nègre marron sur sa monture lui dire bonjour dans le langage dravidien de ses ancêtres à lui. Mais, il resta debout et figé tel un arbre dans la savane de pétrification à quelques trois pas devant le museau de Ma ma Dock. Et, l'instant du choc passé, le vieux tamoul fit un premier pas en avant et s'approcher d'un peu plus près de la jument afin de bien voir le visage de ce cavalier qui venait de lui dire bonjour dans le langage de ses ancêtres à lui. Bonjour, monsieur Aldéphonce, lui répéta le cavalier toujours en langage dravidien. Aussitôt le visage noir de nuit tropical du vieux tamoul s'était quelque peu adouci. Très prudemment  il avança ses pieds nus dans la poussière vers le cavalier en selle sur le dos de sa monture. Et comme sa méfiance et son étonnement le laissait sans voix et à demi pétrifié, Adrien profita de cette belle occasion pour ainsi pousser son avantage un peu plus loin et d'enfoncer le clou. Monsieur,est-ce que je suis bien ici au domicile de monsieur Aldéphonce Maharangassivamarata? 
- Oui, oui, monsieur, c'est bien ici. avait fini par lui répondre le vieux tamoul assez timidement, car visiblement il n'en revenait pas de sa surprise d'entendre ce jeune cavalier marron s'adresser à lui dans la langue dravidienne de ses propres ancêtres à lui. 
- Hum, hum, vous monsieur, vous êtes tamoul, vous ? lui avait dit le vieux tamoul la presque tremblotante. 
- Oui, monsieur Aldéphonce, je suis tamoul et je me prénomme, Hildevert Maranssiriajunamararangon, et j'arrive tout droit de l'île d'Haïti où  mes parent résident. 
- Ah, vous êtes haïtien!
Et, je dois vous dires aussi, monsieur Aldéphonce, que j'aie eu toute les peines du monde à trouver votre demeure, car toutes les personnes que j'aie rencontré sur mon chemin depuis trois jours que je cherche à venir ici chez-vous que j'aie enfin trouvé, se sont soient enfuis devant-moi ou sont restées complètement sourdes et muettes à ma demande de renseignement. 
Et je dois vous ajouter qu'à peine avais-je prononcé votre nom que même les enfants rentraient vite se cacher à l'intérieure de leur case ou sous la jupe de leur mère aussi tremblotante de peur qu'eux, monsieur Aldéphonce. 
- Je vous demande pardon, monsieur Hildevert, mais pour quelle raison vous étiez à chercher depuis trois jours ma demeure que vous avez réussi à trouver?
- Parce que voyez-vous, monsieur Aldéphonce, c'est que mon grand-père, monsieur Sandy Maranssiriajunamararangon, qui est tout comme vous grand-prêtre tamoul là-bas à Haïti, qui connaissant votre grande bonté de coeur m'a conseillé de venir ici chez-vous à l'étoile vous demandez l'hospitalité, dés le jour, il n'y a pas si longtemps où je lui avais annoncé mon intention de venir ici à la Martinique exercer mon métier. 
- Et, quel est votre métier, monsieur Hildevert ?
- Pour ne rien vous cacher, je suis guérisseur tamoul, monsieur Aldéphonce. 
- Et, vous êtes un vrai tamoul, vous ! 
- Bien sûr, monsieur Aldéphonce, que tout comme vous me voyez mon sang n'est point cent pour cent tamoul et que je n'ai pas non plus votre physique de tamoul. lui avait dit Adrien afin de dissiper quelque peu le doute dans la petite tête allongée du vieux tamoul aussi méfiant tel un vieux serpent. 
- Et, vous me prétendez ne pas être ni un vrai nègre marron ni un vrai tamoul qui arrive de cette Île de Haïti que moi-même je ne connais même pas pour ne jamais y avoir mis les pieds et de surcroît en langage dravidien de mes ancêtres que seul mon fils Indra et moi-même sachent encore parler dans cette Île, monsieur Hildevert ! 
- Oh, vous savez, monsieur Aldéphonce, je ne suis qu'un guérisseur tamoul et non un prêtre tamoul ! - Eh bien, puisque vous me dîtes que vous êtes un demi-tamoul qui arrive de cette île de Haïti que je ne connais même pas, je vous invite à descendre de votre cheval et de venir dans ma véranda trinquer un petit punch avec moi et fêter cette bonne nouvelle que ma famille et moi-même n'avons jamais eu à fêter depuis que nous sommes ici à l'étoile, monsieur Hildevert.
                                                                           Chapitre
2
 Adrien quitta le dos de Ma ma Dock et lui laissa la liberté d'aller brouter l'herbe tendre où elle le voulait. Puis il emboîta les petits pas assez rapides du vieux tamoul et le suivit jusque dans sa véranda. En passant devant une porte qui lui semblait être une porte de cuisine, le vieux tamoul héla, Albrijeanne, apportes-nous à boire à monsieur Hildevert et à moi, ici dans la véranda ! Le vieux tamoul l'invita à prendre place sur l'une des chaises près de la table dans la véranda. Et pendant qu'il attendait à se faire désaltérer, le vieux tamoul engagea de nouveau la conversation avec lui en langage dravidien. - Alors que m'avez-vous dit monsieur Hildevert, que fait votre grand-père, là-bas à Haïti ?... Je crois...vous m'avez dit...
 - Mon grand-père est grand-prêtre tamoul, à Port-au-Prince là-bas à Haïti, et c'est lui qui cette lourde tâche de l'organisation des cérémonies religieuses et autres de notre communauté tamoul, monsieur Aldéphonce.
 - Et, que fait votre père, monsieur Hildevert, là-bas à Haïti ?
- Mon père, quant à lui ne s'occupe de rien dans notre communauté, monsieur Aldéphonce.
- Eh, pourquoi donc, monsieur Hildevert ?
- Parce que tout simplement que mon père n'est pas tamoul, monsieur Hildevert.
- Ah, maintenant je vois pourquoi, monsieur Hildevert, c'est donc votre mère qui est tamoule?
Et, tandis qu'ils étaient assis-là dans la véranda à échanger, Adrien vit venir une vieille tamoule encore très belle pour son âge avec un grand plateau remplis de bouteilles de verres dans les mains.
- Je vous présente ma femme Albrijeanne, monsieur Hildevert, lui dit le vieux tamoul à Adrien qui aussitôt se leva de sa chaise et saluer avec politesse et respect la vieille tamoule qui très vite posa le plateau sur la table et repartit en trottinant pour disparaître derrière la porte de sa cuisine.
- A votre arrivé surprise ici parmi nous, monsieur Hildevert, fit le vieux tamoul en levant son verre de punch pour trinquer avec Adrien.
-A mon grand bonheur de vous rencontrer et d'être parmi vous, monsieur Aldéphonce, lui dit Adrien en choquant son verre de punch contre le sien. 
- Cela faisait environ une demi heure qu'ils étaient à siroter leur punch lors qu'arriva dans la véranda un très beau jeune tamoul qui devait avoir à peu près son âge.
- Je vous présente mon fils Indra, monsieur Hildevert, lui avait dit le vieux tamoul.
Adrien se leva de sa chaise et tendit le bras devant le beau jeune tamoul qui ne lui saisi pas la main, car il semblait fort mécontent de voir son vieux père si haineux assis aussi tranquillement à siroter son punch et en grande discussion avec un nègre marron. Et il tentait de dissimuler sa haine vis-à-vis de celui qu'il traitait de nègre marron mais il était trahi par les tremblements de ses lèvres qu'il n'arrêtait pas de mordiller d'entre ses dents.
- Indra, ce monsieur se prénomme Hildevert et il est tamoul, lui avait dit son vieux père afin qu'il resta silencieux, car il voyait bouillir en lui son envie de jeter ce nègre marron hors de sa propriété interdite aux nègres marron.
- Eh, combien, de temps ce monsieur compte t-il resté ici à user de notre hospitalité, papa?
- Le temps pour moi de trouver un endroit pour m'y installer et assez rapidement, monsieur Indra. S'était empressé de lui dire Adrien qui tout en évitant de regarder en direction de la petite case du défunt monsieur Kébwa enfouie sous la broussaille de l'autre côté de la trace.
- Eh bien, je pense quant à moi, que vous n'aurez pas à attendre trop longtemps ni à chercher bien loin pour trouver cet endroit que vous cherchez, monsieur Hildevert.
- Comment ça, vous avez déjà quelque chose à me proposer, monsieur Indra?
-Oui, bien entendu, monsieur Hildevert, que j'aie quelque chose à vous proposer, lui dit-il, car voyez-vous cette case là-bas enfouie au milieu de cette broussaille de l'autre côté de la trace,monsieur Hildevert, cela fait un peu plus de quinze années que son propriétaire est mort et qu'elle est abandonnée car personne ne veut venir ici pour l’habiter...elle serait idéale pour votre future installation immédiate, monsieur Hildevert.
- Et vous aurez en votre possession cette clef qui me permettrait d'ouvrir cette case et de m'y installer, monsieur Indra ?
- Oui, absolument monsieur Hildevert car cette clef est toujours restée dans la serrure de la porte depuis le décès de son propriétaire.
- Alors, je peux donc de suite aller jeter un coup d'oeil, monsieur Indra ?
- Maintenant que vous avez la preuve de la manifestation de notre grande bonté et de notre hospitalité, vous êtes libre d'aller où vous voulez seulement à ne pas vous attardez trop longtemps ici, monsieur Hildevert.