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jeudi 6 octobre 2011

HILDEVERT.


HILDEVERT
Chapitre
1
Comme Adrien ne voulut pas subir trop longtemps la mauvaise humeur et la mauvaise foi d'Indra, le jeune tamoul, il se leva, quitta la chaise sur laquelle il était assis dans la véranda des tamouls, et il s'en alla en direction de la petite case du défunt monsieur Kébwa de l'autre côté de la trace. Et tout en s'en allant il sentait franchement le regard haineux d'Indra pointé comme le canon d'un fusil dans son dos. Il souriait presque car il savait qu'il venait de réussir son coup d'entrée et s'établir comme voisin de ces farouches et dangereux tamouls de l’Étoile. Mais, seulement quelque chose assez inattendue n'était pas passée inaperçue dans son regard gris clair de chat. Il avait remarqué qu'Indra n'avait pas et pas du tout le physique d'un vrai tamoul : Environ un mètre quatre-vingt-dix, visage rond cuivré, des petits yeux noirs un peu écartés, le coin des lèvres marquées par un rictus qui semblait le rendre presque sympathique. Il traversa la trace et continua de marcher sans détourné la tête et s'arrêta au point de naissance d'un petit sentier au bord de la trace. Et ce petit sentier lui semblait cheminé à travers la broussaille et s'arrêter au nord de la véranda de la petite case. Il emprunta le petit sentier pas trop large et traversa la broussaille et s'arrêta devant la véranda de la petite case. Ensuite, il s'approcha de la porte d'entrée. Effectivement la assez rouillée était restée dans la serrure comme le lui avait dit Indra, le jeune tamoul pas très commode. 
 Mais, il ne toucha pas à la clef. Il cassa un petit bout de bois mort et assez solide dans la branche morte d'un citronnier proche de la véranda et s'en servit comme un petit levier pour faire tourner la clef qui à sa grande surprise fonctionnait assez bien dans la serrure rouillée après toutes ces longues années. Il utilisa le même petit bout de bois pour pousser la porte qui aussitôt s'ouvrit devant-lui en crissant sur ses gonds rouillés. Il entra et fit quelques pas sur le plancher poussiéreux mais intact à l'intérieur de la petite case. Il y alla d'étonnement en étonnement, car dans les trois petites pièces de la case tous les beaux meubles, tous en bois de mahoganys vernis étaient encore rutilant et en parfait état sous l'épaisse couche de poussière qui les recouvrant depuis toutes ces années passées. Il visita soigneusement le petit salon et la petite chambre à coucher et il alla dans la petite cuisine pour ouvrir la fenêtre où le défunt monsieur Kébwa allait s'accouder, selon les dires de monsieur Léopold, pour mâter les tamoules qui descendaient au crépuscule du matin et du soir se laver dans le ruisseau tout en bas. Il visita et ouvrit toutes les portes et les fenêtres et absolument rien ne lui semblait être toucher ni déplacer à l'intérieure de la petite case restée fermée durant toutes ces longues années. Ensuite, il alla chercher Mama Doc qui était à brouter l'herbe tendre autour de l'un des trois tas de pierres dans lesquels  le vieux tamoul piochait les projectiles pour bombarder et chasser le nègre marron qui avait le malheur de s'arrêter sous les branches de ses manguiers afin de reposer ces jambes fatiguées et retrouver son souffle après avoir grimpé cette partie raide du morne. "Alors, elle vous convient, cette case, monsieur Hildevert ?..." lui avait dit le vieux tamoul qui s'était approcher de la trace pour le surveiller. - Elle me convient au-delà même de mes espérances, monsieur Aldéphonce. - Et, vous me voyez très content pour vous, monsieur Hildevert, car vous venez d'arriver depuis trois jours seulement de votre Île de Haïti et vous voila déjà loger pour le restant de vos jours! Adrien passa devant le vieux tamoul debout les bras armés de pierres,il attrapa la bride de Mama Doc et la traîna derrière-lui jusque devant la monticule de broussaille. Il enroula la bride autour de poteau de la véranda et ensuite il débarrassa la jument du fardeau de la petite valise en osier accrochée en croupe à la selle. Et, pendant qu'il était occupé à défaire les nœuds du bout de ficelle qui maintenait la petite valise en osier à la selle sur le dos de Mama Doc, une violent dispute éclata entre un vieil homme qui montait dans la trace et le vieux tamoul à propos d'un projectile qui à l'entendre le vieux tamoul lui aurait lancer: " Eh,pourquoi restes-tu toujours à l'intérieur de ta propriété ?...Eh, pourquoi ne viens-tu pas jusqu'ici pour me lancer tes pierres, hein! Adéphonce, hein!...Et je t'ai déjà dit et mille fois répétés que cette trace appartient à tout le monde et les branches de tes manguiers aussi qui dépassent les limites de ta propriété! Est-ce trop difficile à entendre et à comprendre pour toi, espèce de sale vieux  coolie mangeur de chien!" A l'énoncer de ces propos insultants à son encontre le vieux tamoul lança l'autre pierre qu'il avait gardé dans la main sur le vieil dans la trace. Mais le vieil qui avait eu le temps d'esquiver le projectile, plia les reins et s'empressa d'arracher une grosse pierre dans la trace et la projeta avec toute la violence de son vieux bras à la figure du vieux tamoul qui aussitôt tomba à la renverse sur son tas de pierres. Et l'homme en costume cravate reprit aussi prestement son ascension dans la trace. La minute était à peine égrenée que Adrien ouvrit tout grand ses deux yeux gris clair de chat, tellement qu'il fut surpris devant le défilé de toutes ces femmes tamoules jeunes, vieilles et la vieille Albrijeanne en tête sortant de la grande case et voler au secours du vieux tamoul  le visage ensanglanté  planté dans son tas de pierres. Et comme elles s'étaient empressées de relever le vieux tamoul inanimé et le porter vite à l'intérieur, il n'eut même pas le temps de compter leur nombre ni de voir si elles étaient toutes aussi belles comme à l'époque du défunt monsieur Kébwa. Il avait continué de défaire les nœuds de la ficelle de la petite valise en osier et débarrasser Mama Dock de ce fardeau.
2
Adrien n'était pas du genre à se bercer de triomphalisme, car il savait que pour mener à bien sa mission et remplir sa promesse à la défunte Alexandra, il fallait aussi qu'il resta humble vis-à-vis de ces méfiants et dangereux tamoul qui, savait-il qu'à la moindre erreur commise ne lui serait d'aucune pitié. Aussi il était sur le point de se précipité pour porter secours au vieux tamoul le nez planté dans son tas de pierres, mais aussitôt Indra était venu se planter devant-lui sous les branches des manguiers pour lui barrer l'entrée et lui signifier qu'il était déjà venu dans leur véranda et qu'il n'irait pas plus loin. Et voyant le foutu caractère du jeune tamoul et pour éviter de rentrer d’emblée en conflit ouvert avec lui, il s'en retourna chercher Mama Doc, grimpa en selle et la poussa au petit trot dans la trace en direction de Ladorcey chercher son hamac qu'il avait laissé dans l'une de ses autres valises; car voyant toute la haine qui bouillait en lui vis-à-vis de ses voisins, qu'il n'était pas près à se laisser piégé par un quelconque mystérieux poison qu'il aurait dissimulé dans la case du défunt monsieur Kébwa. Il n'était pas allé voir son vieil oncle Julius et son cousin Antonin, mais il était revenu aussitôt à l’Étoile où le vieux tamoul avait déjà regagné son poste de garde sur son petit banc dans sa véranda. Aussitôt il installa son hamac dans sa véranda et s'y installa pour dormir.
                                                                      3
Le lendemain matin, Adrien s'était levé de bon matin. Il avait grimpé sur le dos de Mama Doc et il l'avait poussé jusqu'au bourg faire quelques achats à la boutique bar de man Lérandy. Il prit ses achats et il s'en retourna grimper sur le dos de Mama Doc qu'il avait laissé près de la plage, et il rentra aussitôt à l’Étoile se faire couler du café noir. Il mangea un quignon de pain avec son café fort dans sa véranda au soleil levant et le souffle de l'alizé, et dés qu'il eu fini son petit déjeuner, il arma son bras de la faucille qu'il venait d'acheter chez man Lérandy et il se mit aussitôt à débroussailler le devant de la case. Il y avait bien derrière la porte de la cuisine un coutelas et une faucille rouillés qui avaient certainement appartenu au défunt monsieur Kébwa, mais il n'était pas question pour Adrien de poser la main sur une des manches de peur de contracter une quelconque maladie des tamouls. Il avait travaillé sans relâche toute la journée et avant le coucher du soleil tout le devant de la petite case était dégagé de toute la broussaille qu'il avait mis en tas et près à brûler. Mais seulement, ce ne fut pas chose aisée car ne seulement qu'il fut à sa besogne, mais des éléments extérieurs venaient parfois le déranger. Car certains voisins exacerbés par l'attitude originelle des tamouls étaient venus-là pour se moquer et se gausser de lui : " C'est vous le nouveau propriétaire de cette case que ces maudits tamouls ne tarderont pas à envoyer mourir dans la cuisine de Zapateck dans les flots de la mer où sa table est constamment dressée dans l'attente de sa prochaine victime!" Et les railleries et les quolibets de ses voisins lui provenaient de tous côtés : " Eh,eh,eh, monsieur, savez-vous que cette case que vous êtes en train de dégager de ses broussaille est le deuxième cimetière de ces maudits tamouls? " lui lançait certaine voix quand d'autres lui disaient : " D' où sortez-vous monsieur pour avoir choisi de venir mourir ici dans cet endroit maudit où les chats abois, les chiens miaules...et tous ceux avant vous, monsieur, qui sont venu habiter dans cet endroit où les coqs gloussent autour des poussins et les poules chantent cocorico par les plumes de la queue sont tous allé un jour sur le sommet de la falaise maudite de ces tamouls pour s'y jeter dans le vide et ne sont jamais revenus nous dire comment ce déroule le banquet macabre de Zapateck dans les flots de la mer au fond de leur maudite falaise!" Et, malgré toutes ces moqueries qui lui tombaient dessus, le vendredi après-midi, il avait dégagé complètement la case et brûlé toute la broussaille. Et comme à présent la case était complètement dégagée et respirait l'air pur et les en brins de la mer que lui portait l'alizé il pouvait à présent consacré son temps à autre chose. Et le lendemain matin samedi, il s'était encore levé de bon matin de sa hamac comme il en avait pris l'habitude. Il avait fait couler son café fort. Il avait pris son petit déjeuner. Ensuite il avait pris son morceau de savon et sa serviette autour du cou, il était descendu bien avant les bandes de tamouls prendre son bain dans le ruisseau. Il était remonté à sa case ranger son morceau de savon et mettre sa serviette de toilette à sécher sur le fil dans sa véranda. Ensuite il alla prendre un bout de planche qu'il n'avait pas brûlé et il était aller s'installer sur la petite table dans la véranda commencer son ouvrage.  Et, tandis qu'il était-là à façonner son ouvrage depuis environ une dizaine de minute, qu'il entendit la voix d'une femme l'interpellée dans la trace derrière son dos dans la trace: " Monsieur, monsieur." chuchotait la voix qui le fit sursauter et trembler d'effroi, car il crut aussitôt à la résurrection de man Prisca réincarnée après sa disparition dans la trace à Ladorcey. Mais le vieux tamoul qui de sa véranda avait vu le petit manège, s'était précipité tout en hurlant sa haine raciste et près à bombarder la vieille femme d'une volée de pierres : "Espèce de sale guenon marronne, tu n'as rien à faire ici, Mirette, et tu fiches le camp d'ici avant que tu ne reçoives mes pierres sur ta sale peau noire de négresse marronne, Mirette!"  - Aldéphonce, tu n'es qu'un sale coolie mangeur de chien, Aldéphonce. lui avait répliqué la vieille man Mirette, qui s'en alla les bras en l'air et ses pas claudicantes de droite à gauche telle
une vieille guenon dans la trace. Adrien avait continué son ouvrage sans se retourner ni même lever les yeux en direction des deux éternelles antagonistes. Et quand il eut fini de poncer son ouvrage, il écrit dessus en grosses lettres blanches " GUÉRISSEUR TAMOUL" et une fois la peinture séchée, il prit son ouvrage sous le bras, son marteau et des clous dans les mains et il descendit le clouer sur l'écorce du premier haut poirier tout en bas à la naissance de la trace au bord de la grand route.




 

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