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mercredi 2 novembre 2011

SANDJINA.


SANDJINA

Huit jours plus tard, Hildevert rentrait à la case à la suite de ses longues escapades qui l'avait mené jusqu'à une petite localité appelée Démas de quelques dizaines d'âmes proche de la commune de Basse Pointe, dans le nord de l'île, où l'information en sa possession l'avait conduit jusqu'à la case d'un certain monsieur Gestilin,qui disait-on, avait dans son jardin un moudong, ce fabuleux et mystérieux arbuste, qui selon la vérité non avérée de certains anciens pousserait des grognements tous les jours à l'heure de midi. Et comme l'information donnait une certaine vertu médicinale à la  feuille de cet arbuste, il avait poussé Ma ma Dock jusque là-bas avec l'intention de ramener quelques feuilles  afin de compléter cet onguent qu'il était à préparer pour les genoux de man Prisca lors de sa prochaine visite impromptue; car il pensait même en ramener une petite branche qu'il planterait et ferait pousser dans son herbier derrière sa case à l'étoile. Et, comme il était très fatigué d'être en selle sur le dos de sa jument et que la nuit était bien avancée. Mais au lieu de rentrer directement à l'étoile, il avait pensé faire un petit crochet à Ladorcey où il dînerait avec son oncle Julius et son cousin Antonin et de soulager aussi ses reins. Il était près de deux heures du matin quand il abandonna son oncle et son cousin à Ladorcey. Mais au lieu de passer par le bourg, il avait préféré prendre la direction de La Salle et emprunter l'une des traces qui grimpaient jusqu'à la petite localité de Félicité tout là-haut et ensuite se laisser glisser dans les sinuosités de la trace jusqu'à sa case à l'étoile. Les yeux mi-clos, il était parvenu au niveau de la petite chapelle des tamouls dont l'entrée est gardée par deux cavaliers rieurs en bois peints aux couleurs jaune et verte des tamouls fonçant bride abattue le bras droit tendu brandissant un coutelas en direction du sommet de la falaise tout-là-bas, quand soudain Ma ma Dock surprise dans sa somnolence se mit à hennir, se cabra, et le désarçonna et tombèrent tous les deux assez lourdement dans la trace. "Pardon, pardon, monsieur Hildevert !" lui disait la voix penchée au-dessus de lui allongé dans la trace dans la nuit noire.  Aussi rapide que la trace d'un éclair dans un ciel tourmenté et ce malgré les douleurs, il s'était relevé afin de contenir la peur de sa jument, car il n'avait pas lâché la bride en tombant. malédiction. Ses nombreux voisins, man Mirette que le vieux tamoul avait affublé du colifichet de la guenon en tête ne tarissaient pas d'éloges envers Adrien pour avoir amené ces tamouls d'un peu de civilité. Adrien quant à lui, n'arrêtait pas de penser à Sandjina la jeune et belle tamoule qu'il n'avait pas revue depuis leur première rencontre dans la nuit noire. Et il avait de plus plus hâte à la revoir, car depuis que Sandji lui avait dit de voir demander la permission à sa tante Sandjina pour lui montrer la tache de sa malédiction et lui conter son cauchemar il pensait que cette jeune tamoule en savait beaucoup des secrets de sa famille,et qu'il attendait de la revoir puisque elle-même lui avait dit qu'elle comptait s'y prendre autrement à leur prochaine rencontre. Mais pendant que l'impatience lui brûlait de revoir au plus vite la jeune tamoule, il lui fallait encore attendre car une forte dépression tropicale s'était abattue sur l'île. Et comme depuis trois jours le tonnerre n'arrêtait pas de gronder et les éclairs sillonnés et illuminées le ciel chargé de tous ses gros nuages noirs qui n'arrêtaient pas de fondent en grosse pluie et que le vent n'arrêtait pas non plus de souffler en grosses rafales assourdissantes, que Adrien, pour tuer le temps, s'était installé dans sa véranda et poussait la chansonnette en grattant sur les cordes de sa guitare. Il profitait pour jeter des petits coups d'oeil furtifs en direction de la véranda où la jeune tamoule avait installé sa table à repasser et n'arrêtait pas elle non plus à jeter son regard aussi furtivement dans la direction de sa case tout en activant le fer sur les vêtements qu'elle repassait.  Et il lui arrivait même parfois de pencher sa petite tête enflée de sa chevelure abondante qu'elle remontait par-dessus son épaule et tenter d'entendre les paroles de sa chansonnette à travers les brouhahas du tonnerre de la pluie et du vent. Adrien, quant à lui, n'arrivait pas à croire tous ces changements intervenus aussi soudain dans le comportement de ces tamouls de l'étoile réputés comme étant des vrais monstres depuis le décès de la vieille Albrijeanne.  Seulement depuis la mort de cette vielle femme, il s'étonnait de ne point voir, mais pas une seule fois l'une ou l'autre des nombreuses femmes vivant-là cloîtrées comme des nones dans leur grande case transformée en couvent, venir dans leur véranda juste le temps de déposer une timbale d'eau fraîche, un verre de punch ou bien ses repas  encore fumant sur la table devant le vieux tamoul et de disparaître dans la même seconde comme le faisait autrefois la vieille Albrijeanne. Et il se trouva que le jeudi suivant le passage de la dépression tropicale qui s'en était allée vers d'autres lieux à dévaster qu'Adrien s'était levé de bon matin pour enfourcher Ma ma Dock et l'avait lancé au grand galop dans la trace en direction de Ladorcey. Il était très pressé de voir les dégâts causés par cette dépression tropicale à sa case et aussi à la case de son vieil oncle Julius. Il était enfin rassuré, car par bonheur elle n'avait causé aucun dégât ni à sa case et ni à la case de son vieil oncle Julius loïtes au milieu de la nuit.Ils s'étaient installés dans la véranda et ils avaient passés  toute l'après-midi à jouer aux dominos tout en dégustant des petits punchs.Et il était dans les environs de vingt-deux heures cette nuit-là, lorsqu'il décida d'abandonner son vieil oncle Julius et son cousin Antonin pour rentrer à l'étoile. Son vieil oncle avait insisté pour qu'il reste un peu plus longtemps, mais il avait refusé, prétextant un petit crocher sur le flanc du morne de Félicité, histoire de voir l'endroit où était située la case de man Mirette que le vieux tamoul avait surnommée la guenon; car il avait appris depuis peu de temps que cette dernière était guérisseuse. Mais il arriva sous une pluie fine à l'étoile et il n'eut pas la surprise de rencontrer Sandjina, la jeune et belle tamoule dans la nuit.
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Le lendemain soir, il était assis dans sa véranda à pousser la chansonnette et à gratter sur les cordes de sa guitare; quand soudain, il entr'aperçut à la lueur de la claire de lune, une ombre sortir d'un petit sentier de terre battue qui venait de ses sinuosités dans la bananeraie des tamouls pour s'unir à la grande trace cinquante mètres plus loin en contrebat de sa case. Adrien se leva et remplaça aussitôt ses fesses par sa guitare sur la chaise, et il s'en alla à la poursuite de l'ombre marchant devant lui dans la claire de lune.  Aussi imprégné qu'il était de cette histoire de la voix qui avait parlé dans l'invisible au défunt monsieur Kébwa d'après les dires du vieux monsieur Léopold, le jour de sa disparition au fond de la falaise maudite des tamouls, il avait marché assez vite derrière l'ombre afin de réduire un temps soit peut l'espace entre lui et l'ombre avec l'espoir si possible d'entendre cette mystérieuse voix si jamais elle devait se manifestée. Arrivé sur le sommet du morne de la falaise, l'ombre s'était mise à descendre dans un petit sentier rocailleux glissant en pente à-pic sur la falaise jusqu'à l'échouage des vagues sur les rochers tout en bas au fond de la falaise. Il avait suivi l'ombre jusqu'en bas et se positionner accroupi un peu plus en avant des vagues venant se briser sur les rochers au milieu des flots de la mer. Et, sans attendre, il vit l'ombre plongée dans le bouillon des vagues. L'ombre se nagea quelques brasses autour et entre les rochers avant de revenir se mettre à pieds sec et reprendre aussitôt sa marche en sens inverse et revenir à son point de départ. Mais contrairement à tout ce qu'il pensait, il ne se passa rien pas trop extraordinaire ni même de dramatique cette nuit-là de claire de lune. Il était un peu déçu de son escapade à la suite de l'ombre, car outre la voix mystérieuse dans l'invisible, il lui restait une seconde énigme à découvrir. Car contrairement à l'information de d'aussi énigmatique et mystérieuse man Prisca et, comme le vieux tamoul était déjà bien avancé en âge; il n'avait encore ni vu ni entendu prononcer le prénom de cet Aldéphonce devant succéder au vieux tamoul au stade de la mort. Si bien, il était venu même à penser que cette ombre qu'il venait de suivre dans la claire de lune, n'était autre que ce second Aldéphonce qui vivait là caché parmi les nombreuses femmes en attendant de prendre la succession de son vieux père après l'appelle de Zapateck pour le succéder et qu'il ne sortait que la nuit pour aller accomplir son rituel autour des rochers dans les flots bouillonnants des vagues au fond de leur falaise maudite. Les deux autres nuits suivantes, il avait suivi cette ombre mystérieuse allant accomplir son rituel nocturne autour des rochers dans les flots de la mer sans jamais pouvoir la reconnaître, alors qu'il était pour sûre que cette ombre mystérieuse de la nuit n'était pas celle du vieux tamoul ni celle d'Indra ni même celle de Sandjina ou de l'une des nombreuses autres femmes tamoules.
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La quatrième nuit suivante,Adrien n'alla pas à la suite de l'ombre; mais il enfourcha Ma ma Dock, et il descendit jusqu'au cimetière afin de rassurer la défunte Alexandra de la situation qui se déroulait fort bien jusque là. Et comme non plus, il ne possédait encore la moindre information au sujet de ce que le vieux tamoul pouvait bien faire du corps carbonisé qu'il allait ramasser après que les vagues le rejette sur le sable de la plage de l'anse du fou; il avait profité pour aller jusque devant le tombeau des tamouls afin de vérifier les prénoms à la lumière de sa lampe électrique. Et à sa grande surprise, il ne vit sur ce tombeau à l'architecture tamoule que les prénoms de Aldéphonce et d'Albrijeanne. Au total, un nom, six prénoms et rien d'autre. Ensuite il était retourné à sa case se coucher et dormir. Puis s'écoula quinze autres jours sans que rien d'extraordinaire ne se passe du côté des tamouls mis à part le vieux tamoul qui avait définitivement cessé de monter la garde dans sa véranda et de bombarder de ses pierres ses voisins lorsque ses derniers s'arrêtaient dans l'ombre de ses manguiers. Mais depuis trois semaines qu'il avait lâché ses pierres et qu'il les avait remplacé par deux grands seaux, il n'arrêtait point descendre: 10-15-20 dans la mer et remontait le corps trempé de sueur avec ses deux seaux remplis d'eau salée jusqu'à sa petite chapelle qu'il s'était chargé de nettoyer. Adrien quant à lui, il s'occupait à accueillir ses nombreux clients qui venaient se plaindre d'un tjimbwa qu'un oncle d'une tante d'un père ou d'une mère jalouse zen gagée ou tjimbwazeur les aurait possédés. Et, il se trouva que cette après-midi-là, alors qu'il était enfermé dans son cabinet de consultation avec une jeune femme venue de Pain Sucre; cette jeune femme qui était peut-être âgée de vingt-cinq à trente ans, lui contait combien elle souffrait chaque seconde de ce tjimbwa que son mari jaloux et méchant avait mis dans son ventre de peur qu'elle aille voir ailleurs :" Monsieur Hildevert, à chaque fois que je vais au toilette c'est l'enfer dont je souffre avec tout ce sang qui n'arrête point de couler de mon vagin comme ci j'avais tous les jours mes règles, monsieur Hildevert", lui contait la jeune femme fondant en grosses larmes, lorsque des éclats de rires provenant du dehors vinrent interrompre le récit de la jeune Edwige. Adrien se leva et alla ouvrir la fenêtre pour voir ce qui attirait tout ce vacarme dans sa véranda: "Cela fait combien de fois ce vieux fou de coolie passe et repasse dans la trace avec ses seaux aux bouts des bras et qu'il va verser toute cette eau salée sur sa petite chapelle? Est-ce qu'il serait sur le point de préparer son dernier bondié coolie avant d'aller rejoindre Zapateck au fond de leur falaise, ou bien est-ce peut-être là sous le plancher de sa chapelle que son caché les cadavres carbonisés de tous ses garçons qu'il n'enterre jamais au cimetière?" avait dit un client qui attendait son tour.
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Et si ce vient de dire cet homme était véridique! marmotta Adrien après avoir refermé la fenêtre et se rasseoir devant la jeune femme en grosse souffrance. Et le même soir, après le départ de son dernier client après la nuit tombée; il avait pensé aller faire un petit tour dans la trace du côté de la petite chapelle des tamouls. Mais comme la trace passait eu peu en contrebas de la petite chapelle à cet même endroit et qu'il faisait déjà nuit noire et que non plus il ne voulait pas courir le danger de se faire voir par le vieux tamoul encore méfiant vis-à-vis de lui et qu'il ne tenait pas en place; il avait dû renoncer d'aller fouiner là-haut et préféra attendre un moment plus propice pour se faire. Et comme c'était aussi la pleine saison des mangots mangues, le dimanche matin suivant il avait arrêté Ma ma Dock sous les branches du troisième manguiers situé un peu plus haut à la lisière de la trace pour y cueillir quelques mangots qu'ils mettaient dans ses poches tout en scrutant l'endroit de la petite chapelle entourée de ses trois rangées de fil barbelé et presque invisible sous les branches du manguier. Et tandis qui était debout les pieds dans les étriers sur le dos de Ma ma Dock les bras tendus en l'air à cueillir les mangots qu'il remarqua dans le mur de soubassement de la petite chapelle, une petite porte d'environ un mètre de hauteur sur environ quatre-vingt centimètres de largeur située sous les six marches donnant accès à l'entrée de la petite chapelle entre les deux cavaliers rieurs brandissant leur coutelas en direction du sommet de la falaise tout là-bas. Et au même moment, il vit passer Sandjina, la jeune et belle tamoule avec son "tray" bassine en bois remplis de linge sale traversée la trace juste derrière la croupe de Ma ma Dock et continuer son chemin en direction du ruisseau tout en bas. Son coeur s'était mis à à battre très fort au-dedans de lui, tandis que la jeune et belle tamoule continua son chemin en ignorant complètement sa présence sous les branches du manguier. Adrien, quant à lui, poussa Ma ma Dock dans  à l'assaut de la trace grimpant la pente du morne de ses sinuosités.  Il avait stoppé sa monture environ trois kilomètres plus haut et plus loin dans un endroit appelé: "Katt Karrés" Quatre Carrés pour y chercher des plantes médicinales. Il avait passé la matinée entière et une longue partie de l'après-midi à remplir ses sacs de plantes de racines et des feuilles pour les tisanes et les onguents de ses patients. A 4h00 il alla charger Ma ma Dock de tous les sacs et il la poussa jusque chez son vieil oncle Julius à Ladorcey.   Il y passa le restant de l'après-midi en la compagnie de son vieil oncle et son cousin Antonin, mais il ne se sentait pas bien. Une certaine intuition assez morbide lui brûlait son âme et il était dans l'impossibilité de déterminé et de comprendre, mais cette intuition lui disait qu'il allait se passer quelque chose dans le courant de la nuit. La mine triste, ce qui n'arrangeait rien aux inquiétudes de son vieil oncle Julius, il avait dîné en leur compagnie, et à 21h00, il avait quitté son vieil oncle et son cousin pour sa case à l'étoile.  Il venait à peine de se coucher et il était dans les environs de minuit  quand  des gros coups de poings sur la porte de sa chambre et la voix de Sandji qu'il avait aussitôt reconnue, lui hurlant : " Au secours, au secours, monsieur Hildevert ! " hurlait le garçon tambourinant du poing sur la porte. Il se leva et il alla ouvrir la porte devant le garçon qui aussitôt s'accrocha à ses jambes tout en hurlant : " Au secours, au secours, monsieur Hildevert,sauvez-moi , car je ne veux pas mourir maintenant, monsieur Hildevert!" lui hurlait le garçon collé comme une sangsue à ses jambes.
" Calme-toi Sandji, et dit-moi qui et pourquoi on voudrait te tuer ! - C'est mon grand-père avec tous ses aller et venus sur le sommet de la falaise et ma tante Allia qui n'arrête pas de venir depuis quatre nuits prier et parfumer ma case d'encens; c'est pourquoi j'ai peur de mourir, monsieur Hildevert.  - Mais non, mais non, calme-toi mon garçon, personne ne veut te tuer et, je pense même que tout ceci est peut-être fait pour te protéger et non pour te tuer, Sandji."
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Il avait à peine fini sa phrase, d'aussitôt le garçon lâcha ses jambes et levant ses yeux mouillés de larmes sur son visage, lui hurla : " Que savez-vous donc de la vie et des coutumes de ma famille pour me dire que mon grand-père ne va pas me tuer cette nuit même, hein, monsieur Hildevert ! " Et après lui avoir jeté ça à la figure de Adrien, le garçon prit ses jambes à son cou et s'en alla dans la nuit noire. Adrien se lança derrière lui dans la trace en direction de la plage tout en bas. Mais le garçon affolé par son idée de mort courait si vite devant lui qu'il avait préféré renoncé à le poursuivre dans la nuit. Le souffle coupé il était remonté la pente du morne jusqu'à sa case. Les jambes coupées il s'essaya sur l'une des chaises dans sa véranda afin de reprendre son souffle quand, soudain il vit passer l'ombre de Sandjina, la jeune tamoule dans la trace devant sa case. Mais comme la jeune tamoule passa tranquillement et sans jeter le moindre regard sur lui dans la véranda, et qu'il avait pensé lui  emboîter le pas, aussitôt il changea d'avis, car il lui était revenu à l'esprit les paroles de man Prisca " Le Diable est non seulement sous les draps mais partout chez ces tamouls de l'étoile!" Il resta un court instant assis sur la chaise dans sa véranda avant de retourner dans sa chambre se recoucher car la nuit avançait et certains de ses clients arrivaient de très bonheur. Et, le lendemain après-midi, il était dans les environs de 15h30. Il était dans son cabinet avec une de ses clients quand il entendit la voix de man Mirette: " Sautes, sautes, sautes, Aldéphonce !...et qu'attends-tu donc pour sauter et que ton Zapateck nous débarrasse définitivement de toi, sautes, sautes, sautes, Aldéphonce !" Il quitta vite son cabinet pour aller voir se qui se passait dehors et incitait les ardeurs de man Mirette. Et, il ne fut pas très surpris de voir cette petite foule rassemblée en un seul tas, les yeux rivés sur le vieux tamoul debout les bras écartés sur le sommet de la falaise tel un oiseau de proie écarte ses ailes avant de plonger dans le vide et prendre son envole. " Sautes...qu'attends-tu donc pour sauter et nous faire voir cette flamme qui vous dévores! ... cette sacrée flamme dont n'arrête pas de nous parler le vieux Léopold...sautes, sautes, sautes, Aldéphonce, et fait nous voir ta flamme!" hurlait la voix d'un vieil homme debout au milieu de la petite foule médusée et impatiente de voir le vieux tamoul se jeter dans le vide au fond de la falaise. Seulement ils poussaient tous et en choeur un gros " Ha!" tellement leur déception fut grande en voyant le vieux tamoul se détourner et reprendre sa descente sur la pente du morne et rejoindre sa case à l'étoile. Tous bouillaient dans leur déception de ne pas voir le vieux tamoul sauté dans le vide du haut de leur falaise maudite.
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La nuit venue, Adrien était aller se coucher, mais il ne parvenait pas à trouver le sommeil dans son lit. Il pensait qu'à la vue de la situation dans la grande case des tamouls et de tous ces gens qui venaient le voir pour une consultation, comment allait-il pouvoir trouver le temps pour suivre le vieux tamoul fou afin qu'il puisse entendre de ses oreilles la voix du Diable lui parler dans l'invisible quand il l'enverrait se jeter du haut de cette falaise pour y mourir sur les rochers dans les flots bouillonnants de la mer. Et pendant qu'il était à se tourner et à se retourner dans son lit, qu'il entendit frapper sur sa porte. Il ne s'était pas trop empressé de se lever et d'aller ouvrir la porte, car il pensait que c'était le jeune Sandji épris de remords qui était revenu afin de s'excuser de sa grosse colère de l'autre nuit. Mais aussitôt qu'il ouvrit la porte qu'il se trouva nez à nez avec la belle et jeune tamoule debout dehors dans le noir de la nuit. Aussitôt, la jeune et belle tamoule  mit fin à sa surprise en lui disant: "Monsieur Hildevert, c'est moi Sandjina. Je suis venue vous voir cette nuit, car je voudrais que vous me preniez en croupe derrière vous sur le dos de Ma ma Dock et que vous m'emmeniez cueillir toutes ces étoiles filantes qui sillonnent le firmament de cette magnifique voie lactée du ciel au-dessus de nos têtes." lui avait dit la jeune et belle tamoule debout sur le pas de sa porte. Il fut encore si surpris par la proposition de la jeune et belle tamoule qu'il ne savait pas quoi lui répondre ou quelle décision prendre. Il frissonna d'effroi à l'idée de prendre la jeune et belle tamoule en croupe derrière lui sur le dos de Ma ma Dock tellement qu'il eut peur que sa peau puisse toucher la sienne et qu'il attrape la maladie blanche des tamouls. Il gardait en sa mémoire les propos méfiants que lui avait soufflés la vieille man Prisca, qu'il n'avait pas revu depuis. Mais, après une courte hésitation, il alla enfilé son pantalon et sa chemisette pour se protéger du léger froid de la nuit et ensuite il alla dans le box d'ajoupa chercher Ma ma Dock. Il se hissa sur les poils de la jument et tendit le bras à la jeune et belle tamoule qui l'avait suivie. Mais au lieu de la prendre en croupe derrière lui il la hissa devant-lui entre ses cuisses.  Adrien frissonna et ses cheveux se dressèrent sur sa tête aussitôt que sa peau entra directement en contact avec la peau douce de la belle et jeune tamoule n'avait que ses longs cheveux noirs ondulés pour seul vêtements. Et dans le noir, Adrien était la victime du piège qu'il avait tendu à la jeune et belle tamoule. Car lui qui n'avait pas touché le corps d'une femme depuis qu'il s'était lancé dans cette périlleuse aventure se trouva trahi par son sexe. Mais la jeune et belle tamoule entièrement nue entre ses cuisses serra les fesses et, l'index pointé tantôt en direction d'un coin à l'autre du ciel elle suivait la trace des étoiles filantes sillonnant la voie lactée. Jusqu'où je dois vous emmener comme ça, mademoiselle Sandjina? Lui avait dit Adrien sa verge plantée sur la colonne vertébrale de la jeune et belle tamoule. - Est-ce que Ma ma Dock aurait trop peur ou pas avoir assez de force dans les reins pour nous porter jusque sur la plage de la Richer, Hildevert? Lui avait dit la jeune et belle tamoule toujours occupée à compter et à suivre les étoiles filantes sillonnant dans la voie lactée.
- Et pourquoi jusqu'à la Richer,Sandjina? - Parce que tout simplement que je ne voudrais absolument pas que mon grand-père devenu complètement fou et qui n'arrête pas de voyager la nuit puisse nous surprendre à l'anse du fou ou à l'anse azérot... c'est la vingt-troisièmes étoiles filantes que je viens de compter, Hildevert. A peine étaient-ils arrivés sur la jolie plage de sable jaune de la Richer distante d'environ 3 kilomètres de l'étoile, que la jeune et belle tamoule se dégagea des cuisses de Adrien, glissa sur les poils de Ma ma Dock et disparut dans la claire de lune étoilée. - Viens, viens, Hildevert, viens me rejoindre, car elle très bonne cette eau! - Enlèves tes vêtements et viens me rejoindre, Hildevert ! Adrien ne se laissa pas prier trop longtemps. Il lâcha la bride de Ma ma Dock. Il sauta à terre, traversa la plage en courant avant de plonger la tête la première et alla rejoindre la jeune et belle tamoule batifolant dans l'eau tiède de la mer. Et dés qu'il la rejoignit qu'il se colla promptement à elle. Mais la jeune et belle tamoule se contenta de se serrer les cuisses et lui interdire une quelconque pénétration de son corps. Et comme Adrien insistait et cherchait à la basculer en arrière pour la pénétrer elle lui tourna le dos. Et quand elle sentit son insistance si pressante et sa verge si dure cherchant à la pénétrer de force, que par ce don de la pirouette que seule la femme possède, elle se décolla de son étreinte et elle couru s'allonger sur la plage. Adrien un peu dépité de son échec la rejoignit et s'allongea près d'elle sur le sable. En bonne allumeuse qu'elle était, la jeune et belle tamoule lui posa un ti bo sur la joue. Mais lorsqu'il tenta à lui prendre la nuque pour un baiser langoureux que la jeune et belle tamoule lui résista farouchement et lui dit : " Hildevert, si tu es un vrai tamoul comme tu sembles le prétendre, tu dois aussi savoir et comprendre, qu'à la vue de la situation présente de ma famille et de moi-même, que cette chose-là nous est très formellement interdite. Je sais et je comprends ta souffrance, mais seulement je me dois de compatir et non de satisfaire. Car pourquoi  prendrai-je ce risque de nous faire tuer dans des circonstances et des souffrances mystérieuses que toi qui te dit tamoul semble ignorer ?... Depuis que tu exerces ta profession de guérisseur tamoul, tu as dû en entendre sur notre dos,hein! - N'est-ce pas Hildevert ?  - Est-ce que tu me crois capable de tendre l'une ou l'autre de mes deux oreilles pour prêter une quelconque attention à tout ce que ces gens me conte de possible ou bien d'impossible au sujet de ta famille, Sandjina ? Il lui avait dit ça pour la flatter car il avait très trop envie d'elle pour laisser passer cette occasion qui lui semblait de plus en plus s'éloigner. - Tu m'as très bien comprise, Hildevert, car il n'y a absolument rien de possible ni d'impossible de tout ce que te content tous ces gens sur le compte de ma famille. Mais seulement je te rassure, car comme tu sembles le deviner, mon grand-père va bientôt mourir et comme il ne reste que lui le dernier maillon des Maharangassivamarata maudits; car plus jamais depuis la mort de monsieur Aldéphonce son père et mon arrière grand-père, il n'a voulu  donner ce prénom à un seul de ses garçons nouveau-né pour assurer sa succession auprès de Zapateck. Et c'est peut-être très méchant de ma part de te dire ça, mais Dieu en soit loué qu'il meurt assez vite pour en finir avec toutes ces histoires, car j'ai grand hâte que tout cela se termine, Hildevert. - Et tu penses ainsi pour ton neveu, Sandji ?... - Eh, pourquoi pas, Hildevert, puisque il serait le premier à être libéré de cet esclavage du mandaï qu'il est et qu'il n'arrête pas d'en souffrir. Car dés la disparition de mon grand-père disparaîtra aussi pour lui le spectre de la mort au fond de cette maudite falaise qui n'arrête pas de hanter ses nuits et qui l'empêche de dormir aussi le jour.  - Je  ne veux pas que mon neveu meurt !  -   Je ne veux pas qu'il est à subir le sort de ma défunte tante Ollivia  - Le sort de ta tante Ollivia, Sandjina! Lui fit Adrien que son envie d'elle rendait de plus en plus nerveux.








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